J'ai connu

Publié le par Yaacov Ben Denoun Yarcov

 

 

J'ai connu les hivers de la plume et du vent,

Les effets du matin qui se lève en rafale,

Et vous parle de tout, de rien, des autres gens,

De ceux qui s'font la belle en habits d'aubes pâles.

 

Les filles avaient vingt ans et des robes de sépales,

Ces fleurs enjuponnées me prédisaient la vie,

Celle qui courait fébrile dans les lignes des étoiles,

De la main entrouverte pour endiguer l'envie.

 

Les frêles demoiselles n'aimaient que le champagne,

Qui pétillait heureux dans des verres à col long,

Et je grimpais près d'elles à des mats de cocagne,

Pour prendre leurs foulards, leurs mèches de cheveux blonds.

 

J'ai prisé le silence quand il était serein,

Rempli de bateaux blancs et de voiles tendues,

De cordages animés par les bras des marins,

Qui rêvaient d'abordages et de trésors perdus.

 

J'ai fait rimer désir, saisons, désinvolture,

Et les fières sarabandes des amis de l'impasse,

Des peintres, des saltimbanques, des amants d'aventures,

De jeunes freluquets à la longue tignasse.

 

J'ai bu l'alcool d'armoise et des eaux de vie tristes,

Dans des cafés tsiganes enfumés de guitares,

De violons à crinière et d'odeur de la piste,

Celle que l'on veut poursuivre ou celle qui vous égare.

 

On déclamait des vers à peine mûrs d'un instant,

De jeunes raisins acides de syllabes brûlantes,

Qui agaçaient nos dents et parlaient de ce temps,

Où la mort en parade jouera les élégantes.

 

J'ai embrassé des ombres, des parfums de lavande,

Dans des bosquets obscurs en attendant la gloire,

Qui ne venait jamais et nous sortions en bande,

Serrés bras contre bras dans la tiédeur du soir.

 

J'ai connu l'imprudence et la joie des bravades,

J'avais des cris à dire et des mots en retard,

Des mots qui s'en allaient souvent en escouades,

Promener mon enfance sur les quais froids des gares.

 

J'ai dressé une table et invité la lune,

Aussi ronde que tes yeux quand ils découvrent mon cœur,

Que la nuit est venue et qu'elle est opportune,

Tou ce que j'ai connu est inclus dans une heure.

 

 

 

 

 

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Chiche 16/12/2010 10:43


Bob, très joli poeme plein de fraicheur et de jeunesse.
De la mélancolie. Ca fait partie de la vie.
Amitiés

Ora